29 - Le kilomètre lancé
Derrière ses allures futuristes, le KL est la discipline de ski alpin la plus ancienne au monde. Mais depuis les années 30, ce sport a gagné en vitesse. Aujourd’hui, on dépasse même les 250 km/h. Le Valaisan Philippe May, vice-champion du monde 2009, nous conduit, sans détours, à la découverte d’une discipline qui demeure intimiste.
Categorie : Sports
Auteur : Frédéric Rein
La ligne droite, les adeptes du kilomètre lancé (KL) en ont fait leur trajectoire, la recherche de la perfection aérodynamique, leur idéal, et la vitesse une finalité! «Aux vitesses auxquelles nous évoluons, la pression atmosphérique est tellement forte que l’on se retrouve dans une sorte de compromis entre glisse et vol, où l’on ne pèse presque plus rien. Le moindre geste parasite a donc des conséquences sur le chronomètre», précise d’emblée le Valaisan Philippe May, fort d’un record personnel de 250 km/h, le quatrième chronomètre de tous les temps, le record mondial appartenant à l’Italien Simone Origone, avec 251,40 km/h. Alors faire une chute dans le deuxième sport non motorisé le plus rapide - juste derrière le parachutisme - n’est pas permis, sous peine de s’exposer à des brûlures au troisième degré! «Les accidents sont toutefois plus rares et moins violents que ceux enregistrés en ski alpin. Lors des courses, nous sommes très encadrés, et la piste d’élan n’augmente qu’au fil des manches, quand les concurrents les moins affûtés sont déjà éliminés», souligne le vice-champion du monde 2009, qui fait partie du top3 mondial depuis 2001. Son secret? «Il y a autant de façons de faire une ligne droite parfaite qu’une courbe parfaite. La position du corps dans l’air est aussi importante que le toucher de neige, d’où les longues heures passées en soufflerie pour optimiser nos postures et notre matériel.» Un équipement des plus futuristes habille d’ailleurs ces skieurs de l’extrême précision : une combinaison plastifiée 100% imperméable à l’air, qu’ils revêtent (en 20 à 40 minutes) comme une seconde peau, un casque ergonomique à protection faciale intégrée, et de longs skis d’un maximum de 2 m 40. Le détail se soigne également par la qualité de la préparation physique – qui a permis aux records de progresser de 20 km/h en 15 ans – et mentale. «Les kamikazes n’ont pas leur place dans l’élite, même s’il faut une grande confiance en soi pour s’élancer sur des pentes atteignant parfois les 78%.» Toutefois, la Fédération internationale de ski (FIS) a décidé de mettre des garde-fous, limitant sur son circuit les distances d’élan afin de ne pas dépasser les 200 km/h. En revanche, le circuit «Pro» n’impose aucune limite, si ce ne sont celles des concurrents. «Il n’y a pas de gabarit type. L’important, c’est d’atteindre le meilleur rapport poids/puissance et de travailler en amont.» Et de trouver l’équilibre parfait qui conduit, évidemment sans détours, vers une «sensation d’une intensité indescriptible»!
Finales mondiales à Verbier
La piste du Mont Fort, à Verbier, est l’une des plus rapides du monde. Du 19 au 21 avril 2010, elle accueillera – pour sa seule étape en Suisse – la finale de la coupe du monde FIS, où sera décerné le globe de cristal. Puis, du 22 au 24 avril, auront lieu dans la foulée le championnat suisse et une manche du circuit Pro.
http://www.swiss-kl.com/


























